Quel nom puis-je trouver pour le journal interne de mon entreprise ?

La réponse à cette question émergera plus facilement après s’être posé une série de questions préalables.

En effet, un journal interne doit d’abord répondre à un ou plusieurs objectifs. A quoi veut on aboutir grâce à l’instauration d’un journal interne ? Cet objectif va dépendre lui même de l’objectif de communication interne que s’est fixé l’entreprise. Souhaite t’on seulement faire circuler l’information, ou veut on améliorer les relations entre services, ou ambitionne t’on plutôt de contribuer à renforcer une cohésion (créer un sentiment d’appartenance) ou même à améliorer la fierté des employés ? Il vaut mieux éviter de fixer plus de 3 objectifs à un journal au risque de le rendre illisible et de le voir n’en remplir aucun.

La seconde question à se poser est : Qui est le lecteur ? Les salariés d’une entreprise sont souvent très différents, et il convient de savoir ce qu’ils attendent tous d’un journal qui sera fait pour eux, et par eux. Quelles sont leurs préoccupations, leurs demandes ? Celles-ci sont souvent surprenantes pour la direction, et il faudra bien veiller à ce que le journal ne réponde pas qu’aux préoccupations de la direction mais aussi à celles des employés. Des consultations auprès de plusieurs employés de profils différents seront nécessaires avant de lancer le journal, et régulièrement au cours de la vie du journal.

La troisième question découle de la seconde : Que va t’on raconter dans le journal interne ? Même si les lecteurs attendent qu’on réponde à leurs préoccupations, ils sont aussi intéressés par des explications concernant la politique générale de l’entreprise. Ils veulent aussi connaître les explications d’une fusion ou acquisition, d’un abandon d’une marque ou de la naissance d’une autre. Il faudra donc savoir réaliser le bon dosage entre informations en provenance des employés et informations en provenance de la direction. Il faudra aussi doser entre humour et sujets sérieux.

La quatrième question se pose alors : Parle t’on de l’actualité ou des sujets de fond ? Tout dépend de votre objectif et surtout de la fréquence de sortie de votre journal. Une newsletter envoyée électroniquement devra traiter d’actualité chaude, volatile et urgente, alors que le journal papier diffusé au mieux tous les mois devra s’attacher à traiter des sujets qui ne fassent pas réchauffé au moment de sa sortie. Le nom va aussi dépendre de ce choix.

La cinquième question est souvent sujette à débat : peut on parler de tout dans un journal interne ? Oui, surtout si la stratégie de l’entreprise repose sur la transparence. Les employés ne sont pas des enfants qu’il convient de rassurer, on doit pouvoir leur parler des crises, des difficultés conjoncturelles que traverse l’entreprise, d’une restructuration, etc. On peut choisir délibérément de parler des sujets tabous, le nom du journal pourra alors refléter cette impertinence.

Dernière question : qui écrit dans le journal interne ? Il est essentiel de constituer un comité de rédaction qui décidera avec la direction des sujets à traiter. Ce comité sera aussi chargé de récupérer les informations brutes. Il est important qu’une ligne éditoriale soit décidée puis maintenue de numéro en numéro. Dans ce but, il est préférable d’avoir le plus souvent possible le ou les mêmes rédacteurs des articles, de préférence professionnels. Ceux ci s’appuieront sur les données brutes collectées par les membres du comité de rédaction (ou des professionnels extérieurs s’ils manquent de temps). Il faut ainsi éviter de faire écrire les articles par les employés eux mêmes.

Quant à la forme, elle devra être professionnelle : des articles et des photos de qualité (en couleur), une présentation attirante, un papier et une impression de qualité sans être forcément luxueux.

Une fois ces décisions prises et les réponses à ces questions données, vous aurez plus de facilité à choisir votre nom. Il va bien entendu dépendre aussi de l’entreprise, ses valeurs partagées par le plus grand nombre, l’activité dans laquelle elle évolue, son nom même.

Un bon nom de journal est un nom court, facile à lire et prononcer, compréhensible par tous (pas de message subliminal), professionnel tout en ne se prenant pas forcément trop au sérieux.

Quelques exemples de journaux existants dans le monde (donc à ne pas copier) :

Switch, Décryptage pour des versions on line.

Tonic, adressé au domicile.

Zoom, Connect distribués sur le lieu de travail. Connect est un clin d’œil à l’activité de télécommunications de l’entreprise.

Argos pour le luxe.

Mosaïc pour une multinationale implantée dans de nombreux pays sur tous les continents.

Leaders ou Premium réservés aux managers.

Ambition dans le domaine bancaire.

Quinzo ou One qui ne traitent que des sujets de terrain communs à tous les salariés.

 

Soyez créatifs !

 

Présentation de l'auteur :

De formation universitaire économique, Catherine Guillaume possède une expertise en marketing et communication acquise durant 18 années au sein de l'industrie des boissons et d'un groupe minier en Nouvelle-Calédonie. Elle s'est spécialisée dans la réflexion stratégique en milieux sensibles et concurrentiels. Ces expériences uniques lui permettent aujourd'hui de partager son savoir faire acquis durant ces années, au travers des activités de son agence Solutions créée en mars 2009 : Conseils en stratégie, communication de crise, relations média, communication interne, médiation.

Catherine Guillaume anime aussi des formations en communication de crise, prise de parole médiatique, et prise de parole devant des publics difficiles.